C’est une idée reçue de penser que seule la prise de la Bastille est fêtée ce jour-là et que toutes les communes s’y associent.

 

Cette chronique est proposée par Paul de Vaublanc, auteur des ouvrages « Ovnis interdits et 101 bizarreries du droit », (éditions de l’Opportun, 2019) et « Petit guide insolite du président de la République », (éditions Enrick B. Editions, 2022).

Alors que toute la France célèbre la fête nationale le 14 juillet, une petite commune de l’Ain (au nord de Bourg-en Bresse) résiste à la tradition.

La commune qui fête le 14 juillet… en août

Viriat organise son bal populaire et son feu d’artifice… au début du mois d’août. Tout ça depuis un arrêté municipal du 11 juillet 1880, arguant qu’à la date du 14 juillet les habitants devaient pouvoir se consacrer aux travaux des moissons.

L’origine de cette décision est controversée. Certains prétendent que la priorité doit être donnée aux travaux agricoles. Or, la fête nationale tombe en plein dans la saison des moissons et des battages et il est hors de question de détourner les bras valides pour des futilités telle qu’une fête, fusse-t-elle nationale. Cette fête pourra aussi bien se célébrer à la fin des travaux des champs c’est-à-dire au mois d’août.

D’autres affirment que l’origine de cette décision de fête décalée serait plutôt à attribuer aux lenteurs bressanes du temps de la Révolution. En effet, les représentants locaux du Tiers-Etat auraient mis 15 jours pour rapporter de Paris à Viriat, par les chemins embourbés et périlleux de l’époque, la nouvelle de la prise de la Bastille.

Que ce soit l’une ou l’autre de ces raisons qui soit invoquée, le calendrier municipal de Viriat se distingue toujours, au XXIe siècle, par cette entorse à la règle nationale. Pas sûr que beaucoup de Viriatis soient encore dans les champs en juillet, mais ils devront quand même patienter jusqu’au 7 août cette année pour aller danser.

La prise de la Bastille, mais pas que…

Bien que généralement associé à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, c’est la fête de la Fédération (14 juillet 1790) qui est également commémorée en France depuis plus d’un siècle comme le souligne l’Elysée sur son site.

Ainsi, le rapporteur de la loi du 6 juillet 1880 qui institua le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle souligne que « cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer ». Ce 14 juillet 1790 est « le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire ».

Le site du gouvernement résume les choses de la façon suivante : « le 14 juillet est associé à la prise de la Bastille et à l’insurrection populaire de 1789. En le promulguant Fête nationale en 1880, la III ème République choisit de retenir officiellement la date du 14 juillet 1790, jour de la fête de la Fédération ».  Et de conclure : « dans les faits, les Français fêtent traditionnellement ces deux dates emblématiques ».

C’est pourquoi, le 14 juillet se traduit par un jour férié acté par le Code du travail (L. 3133-1) pendant lequel le salarié ne travaille, mais voit sa rémunération maintenue.

Pour respecter cette tradition, les communes, quant à elles, peuvent s’inspirer du « protocole à l’usage des maires », mode d’emploi pour l’organisation des cérémonies. Ils y trouveront les rangs et préséances des acteurs publics, la place du drapeau français ou encore le port de l’écharpe tricolore.

 

 

Articles sur le même thème

Qu’est-ce-que la justice transitionnelle ?

Qu’est-ce-que la justice transitionnelle ?

La créativité, l’adaptabilité des sociétés confrontées à de graves crimes est au cœur de la justice transactionnelle. Même si ses objectifs fondamentaux – mettre fin à la violence et éviter leur répétition en identifiant ses causes profondes et en apportant des réponses aux victimes – demeurent intacts.

Assemblées générales en ligne : des risques à anticiper

Assemblées générales en ligne : des risques à anticiper

La saison des assemblées générales bat son plein et la dématérialisation s’est imposée comme une nouvelle norme. Cependant, la fin de la période transitoire, destinée à permettre la tenue d’assemblées en ligne pendant la crise sanitaire, soulève plusieurs problématiques.